![]() |
SEELAND | |
C’est toujours un bonheur de découvrir un nouveau jeu de Kramer, l’auteur de Tikal. Travaillant en tandem avec Gunter Burkhardt, nous voici en Zélande où nous irriguons grâce à des moulins les terres envahies par la mer. Au fil du jeu, le paysage d’eaux et d’îles change et devient une plaine maraîchère étonnante, toute rouge de tulipes, verte de choux et jaune de colza. Si le jeu de base est relativement simple mais agréable, des variantes plus compliquées attendent les joueurs qui veulent s’aventurer dans des parties plus tactiques. Dans le jeu de base, les joueurs achètent des tuiles qui leur permettent d’installer des moulins et des champs. Quand un moulin est entièrement ceint par des champs, il est aussitôt valorisé et rapporte plus ou moins de points à son propriétaire. La pose des champs et des moulins, si on y est attentif, sert l’interaction qu’on recherche d’habitude dans un jeu : un champ posé peut servir ou desservir un autre joueur, notamment en lui imposant une culture qui crée pour ce dernier une monoculture autour de son moulin (résultat : 0 points à gagner !) ; ou encore un moulin qu’on place dans un trou que quelqu’un avait préparé pour lui-même.
L’âge annoncé pour le jeu de base – à partir de 9 ans – nous semble juste. Seeland devrait rapidement conquérir un public familial qui peut, avec le même matériel, se donner des objectifs de parties plus stratégiques. Outre que le plan est recto verso, d’autres éléments peuvent être introduits dans les parties : des records, des scores à égaler ou à dépasser sous peine de perdre des points ; mais aussi, dans la variante la plus tactique, des prévôts qui, s’ils n’obtiennent pas satisfaction, laissent le joueur sur la touche tout en cherchant une nouvelle victime ! Les tuiles en couleurs, les illustrations et les beaux pions en bois créent un environnement superbe. Un bémol, cependant : Ravensburger, en faisant l’économie d’un plateau pliable, nous donne un mauvais plateau qui s’assemble sous forme de puzzle et se soulève par endroit, ce qui n’est guère confortable pour la pose des tuiles. Pascal Deru |
||