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SANTIAGO
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Nous voici planteurs sur une des îles du Cap Vert : un pays fécond pourvu qu'il y ait de l'eau. Sans elle ou plutôt sans irrigation, la sécheresse est sans pitié et les plantations retournent rapidement au désert. Nous avons joué SANTIAGO à cinq et ce fut un régal. Durant la partie, chacun cherche à acquérir des plantations, y pose des planteurs et cherche surtout à les irriguer. Pour y parvenir, il faut soit endosser le rôle provisoire du constructeur de canal, soit le soudoyer pour qu'il pose ses canalisations dans la bonne direction. Les deux rôles sont drôles et l'ambiance monte rapidement. SANTIAGO s'amuse à croiser des règles entre lesquelles
il n'est pas toujours facile de choisir. Pour avoir une bonne plantation,
il faut faire une offre d'argent élevée, ce qui ne permet
jamais d'être le constructeur du canal. Ce rôle échoit,
en effet, à celui qui se résout à l'offre la plus
basse. A l'opposé, celui qui devient ce constructeur de canal,
doit se contenter de la plantation - généralement la moins
intéressante - que les autres joueurs lui abandonnent. Ce chassé-croisé
se retrouve également au cur des règles que doit respecter
ce même constructeur de canal. Chacun cherche à le soudoyer
en posant des paquets d'argent sur la table : " ces billets sont
pour toi si tu poses le canal le long de mes plantations ! ".
Si le constructeur de canal accepte la proposition d'un adversaire, il
ramasse du même coup la somme que ce planteur lui offre pour faire
pression sur lui. S'il veut, au contraire, garder sa liberté et
mener l'eau vers ses propres champs, il doit payer une unité de
plus que l'offre la plus généreuse qui lui a été
faite ! Ah ! que choisir ? Chaque joueur raisonne tout haut pour l'influencer. Les alliances se font et se défont. Les remarques fusent et agir, n'est pas toujours renoncer à certaines opportunités ? Le jeu se joue en 11 rounds (3 à 4 joueurs) ou 9 rounds (5 joueurs). La progression de la partie est très visuelle. Voici de nouvelles parcelles qui se colorent de bananes, de chilis ou de haricots. En voici d'autres qui, faute d'être irriguées, pâlissent puis se changent en désert. Ces morceaux de désert font le désespoir de certains mais représentent, en d'autres mains, des armes intelligentes. Bien placés entre deux parcelles de même culture, ils coupent les ailes de l'espoir car, en fin de partie, au plus un champ compte de parcelles contiguës, au plus grande est la valeur de ce champ. Notre partie a duré 1 h 30 avec explications. Un moment de bonheur
sur un registre qui n'est pas sans rappeler l'excellent New England. |
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