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CITADELLES
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| On ressort d'une partie de Citadelle en riant dans sa barbe
à
supposer qu'on en ait une. C'est un jeu rebondissant, plein de surprises
et de coups fourrés que permet une idée géniale : à
chaque tour, chacun change de rôle et ce choix est secret !
Citadelle ressemble pourtant à un jeu de cartes normal. Les joueurs
tentent d'en poser le plus possible sur la table afin de cumuler la valeur
des bâtiments qu'elles représentent et de gagner le jeu. Ces huit cartes proposent 8 personnages aussi divers que le roi, l'évêque,
le Il faut de tout pour faire une ville Une ville ne se construit jamais sans qu'un certain nombre de fonctions
soient appelées et coordonnées. Tantôt nous aurons
besoin des ressources de l'architecte (piocher davantage de cartes et
pouvoir construire avec abondance), tantôt de celles du marchand
(produire de l'argent) ou encore de celle de l'évêque (récolter
l'impôt sur ses propriétés). Greffez là-dessus une idée géniale : personne, en dehors de quelques doutes ou de quelques certitudes, ne sait qui est qui ? En effet, au début de chaque round, chacun, dans un ordre déterminé, choisit le personnage dont il veut prendre le rôle. Les premiers servis ont naturellement davantage de choix mais ils sont à la merci de ceux qui les suivent et peuvent déduire leur identité ! Chaque round est une cérémonie Quand chacun a ainsi choisi son personnage, personne ne révèle
son identité. Mais chaque round fonctionne comme une cérémonie
durant laquelle le roi appelle les joueurs les uns après les autres
: Que l'assassin se dévoile ! Que le voleur paraisse ! Que l'architecte
dévoile ses plans
L'ambiance est vite au rendez-vous et si les premiers rounds demandent de se familiariser avec tout ce qu'on peut faire, les derniers rounds nous font accéder à une maturité et une capacité de bien choisir les personnages qui servent notre intérêt le plus cupide. Citadelle est ainsi un jeu de grands adolescents et d'adultes qui ne cesse de tisser des interactions entre les joueurs. On déglutit quand on est assassiné ; on hurle de rage (comme moi !) si on est pas incapable de cacher son dépit ; on se réjouit de profiter des réserves d'or qu'un adversaire avait patiemment accumulées L'adage se révèle juste : personne ne construit seul une
ville sauf qu'ici, on endosse soi-même tous les rôles, au
fil des rounds, selon l'opportunité qu'on recherche.. C'est une petite boîte de l'éditeur français MULTISIM. S'il est vrai que certains vous diront que le jeu est actuellement épuisé, sachez qu'une réédition est prévue pour novembre ou début décembre 2001. Guettez donc ce trésor qui sort de tous les registres habituels ! Pascal Deru |