Peu connu du public,
ce jeu dont la production a été arrêtée mais
dont les boîtes en version internationale sont encore disponibles,
est une merveille !
Charlemagne visite les différents territoires de son empire. Chaque
fois qu'il arrive sur un territoire, une élection a lieu et le
joueur qui la remporte établit un château de sa couleur sur
le territoire. En fin de partie, celui qui a établi ses 10 châteaux
reçoit le sceptre de la victoire.
Carolus Magnus repose sur un mécanisme inhabituel. Chaque joueur
joue autant dans un domaine personnel que sur une zone communautaire.
La zone personnelle est un tout petit plateau qui représente la
cour du joueur. Il y aligne les personnages influents de chaque couleur
qu'il décide d'y placer. Ainsi se forme devant les cours des files
distinctes de pions rouges, bleus, verts, jaunes, etc.
Quand une élection a lieu sur un territoire, on regarde à
qui appartiennent - à ce moment précis du jeu - les couleurs
sur ce territoire. Les pions d'une couleur appartiennent à celui
qui est majoritaire pour cette couleur dans sa cour.
Imaginons qu'au moment d'une élection, Paul possède dans
sa cour 2 pions verts, 1 bleu et 2 rouges tandis que Marie en possède
1 vert et 3 rouges. Ayant plus de pions verts que Marie, c'est Paul qui
mène la couleur verte. Idem pour la couleur bleue (1 contre 0).
Tandis que pour la couleur rouge, Marie possède un pion de plus
que Paul (3 contre 2).
Dans un exemple simple, imaginez que sur le territoire où a lieu
l'élection se trouvent 3 pions verts, 1 bleu et 5 rouges. Dans
ce cas, c'est Marie qui remporte l'élection car les pions verts
et bleus (4 au total) appartiennent à Paul tandis que les pions
rouges appartiennent à Marie (5 au total). Cette dernière,
victorieuse, peut dès lors installer un château de sa couleur
sur le territoire ou remplacer par un des siens celui de Paul qui s'y
trouvait peut-être.
Lorsqu'un joueur joue, il procède à deux actions :
1. par le lancer de 3 dés, il obtient 3 pions qu'il attribue -
selon sa stratégie - soit à un territoire, soit sur sa cour,
soit en partie sur l'un et sur l'autre.
2. il avance ensuite Charlemagne et, en l'arrêtant sur un territoire,
déclenche une élection.
L'attribution des pions de couleur qu'il gagne est très tactique.
S'il les ajoute dans sa cour, ce choix lui permet peut-être d'obtenir
la majorité dans une couleur ou de la ravir à un adversaire.
Dans notre exemple, s'il ajoute 2 pions rouges dans sa cour aux deux qu'il
possède déjà, Marie n'est plus majoritaire et désormais
tous les pions rouges sur tous les territoires lui appartiennent jusqu'à
ce que la situation change à nouveau de leader pour cette couleur.
Comme Charlemagne revient régulièrement sur les territoires
(son trajet étant circulaire), la situation politique change souvent
d'une visite à l'autre.
A cela s'ajoute un mécanisme tout aussi surprenant. Si 2 ou davantage
de territoires voisins sont garnis par des châteaux de même
couleur, ils se joignent les uns aux autres et créent une situation
toute nouvelle dont les joueurs doivent tenir compte s'ils veulent continuer
à la maîtriser ou, au contraire, la gagner.
Léo Colovini est un auteur exceptionnel.
En nous proposant des règles simples, il nous entraîne dans
des jeux d'une grande puissance. Cartagena et Clans nous l'avaient déjà
prouvé.
Ses règles finissent d'ailleurs par des clins d'il : il
nous y donne quelques conseils pour améliorer nos jeux et progresser
dans nos stratégies.
Carolus Magnus est excellent à 2 et 3 joueurs (comptez 35 minutes
à deux joueurs). Il peut également se jouer à 4 mais,
dans ce cas, les joueurs forment 2 équipes et la partie se déroule
en silence.
Une belle boîte et un matériel abondant en bois et en carton
contribuent aussi au plaisir de ce jeu formidable.
A noter : le jeu peut se ranger dans des petits sacs et s'emporte facilement
lors de vacances avec sacs à dos.
Gudrun König
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