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Antoine Bauza, l’auteur de Ghost Stories, emballe le monde du jeu en nous proposant un jeu rapide et subtil, puissant et novateur. Chaque joueur dispose d’un plateau personnel qui lui permet de bâtir des bâtiments dont il doit acquitter le prix en puisant dans sa propre production de matériaux (brique, or, bois…) et de biens manufacturés (tissus, parchemins, verre), soit – et voilà la nouveauté – en achetant à ses voisins immédiats ce qu’ils ont précieusement acquis. Dans un décor magnifique qui nous promène du phare d’Alexandrie à la haute statue de Zeus à Olympe, en passant par les pyramides du Caire, les jardins suspendus de Babylone, le temple d’Artémis à Ephèse et le Colosse de Rhodes, chaque joueur redécouvre le prix à payer pour construire ces merveilles de l’Antiquité et développer les civilisations qui leur sont liées. Si, comme dans de nombreux jeux actuels, les coûts se paient en matières premières, des mécanismes neufs pour les acquérir pointent du nez. Le premier est un système très dynamique au niveau de tas de cartes que ne cessent de se passer les joueurs. Le second est l’opportunité de profiter, moyennant payement, du jeu de ses voisins immédiats. 7 Wonders est organisé en 3 Ages. Chaque âge est divisé en 6 rounds. Chaque round permet à chaque joueur de jouer une carte, soit pour gagner de l’argent, soit pour augmenter sa production de ressources, soit pour construire des bâtiments qui lui apporteront divers avantages, parfois ponctuels, parfois récurrents. L’originalité du système vient de ceci : chaque joueur choisit parmi les cartes qu’il a reçues, une et une seule carte qu’il pose face cachée sur la table. Lorsque cette sélection est faite, chacun passe les cartes restantes de son talon à son voisin, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. La construction d’un bâtiment rapporte des avantages très divers : parfois des points de victoire qui seront récoltés en fin de jeu, parfois des ressources financières qui dépendent des cartes que possèdent les voisins immédiats, parfois une réduction de coût sur certaines transactions, parfois encore des avantages subtils dont un joueur attentif tirera le meilleur bénéfice pour augmenter ses gains. Quand chaque joueur a placé sa carte sur son plateau personnel, le round suivant démarre. Chacun ramasse le talon qui vient de son voisin, en découvre les cartes, choisit celle qui l’intéresse le plus et la joue comme décrit précédemment. Ainsi de round en round, les talons s’amenuisent et les cartes augmentent sur les plateaux personnels, ouvrant toujours de nouvelles possibilités aux joueurs et à leurs voisins. A ces mécanismes passionnants s’ajoutent d’autres registres dans lesquels les joueurs peuvent investir : la construction d’une des sept merveilles du monde et précisément celle qui se trouve sur son plateau personnel, la mise en place d’armées pour défendre leur cité, l’utilisation de guildes très diverses. Chaque investissement sera évidemment choisi pour les avantages qu’il rapporte immédiatement ou en fin de jeu. Si, de l’une à l’autre, les parties nous font découvrir la grande variété des cartes (148 au total, merveilleusement illustrées) et les doubles faces des plateaux personnels dont les avantages semblent très contrastés alors qu’ils ont sans doute été pensés avec beaucoup d’équilibre, les parties sont étonnamment courtes : de 30 à 45 minutes pour des joueurs qui maîtrisent la règle. Quel bonheur ! Le jeu est prévu pour 2 à 7 joueurs et semble fonctionner avec intérêt dans toutes les situations. A deux, le jeu adopte une version experte dans laquelle un troisième plateau personnel est installé pour un joueur fictif. Ce joueur fictif est activé, à tour de rôle, par les joueurs réels qui tentent d’en tirer au mieux les ficelles pour favoriser leur propre jeu. Antoine Bauza, l’auteur de 7 Wonders, devient au fil de ses créations un auteur intéressant à suivre. Le jeu est illustré par Miguel Coimbra. Il est produit par l’excellent éditeur belge, Repos Production. La nouvelle édition a été construite en Allemagne. Gudrun König |
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