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WOOLFY

Sur fond de conte, celui du loup et des 3 petits cochons, la firme française Djeco nous propose un nouveau jeu coopératif. Nous y avons rendez-vous avec un suspens très porteur et un matériel déganté qui ne manquera pas de vous faire sourire.
 
Une grande part du plaisir dans Woolfy vient assurément du matériel avec lequel nous jouons. Même si les figurines sont en plastic, leur taille, leur design et leur humour sont étonnants : un gros buste de loup à la truffe goguenarde et trois petits cochons qui nous tirent un brin d’émotion quand nous les retrouvons dans la grosse marmite du jeu et que nous ne sommes pas parvenus à les sauver.

Comme dans l’histoire, les trois petits cochons que défendent les joueurs, cherchent à se construire une maison de pierre dans laquelle ils seront enfin à l’abri. Leur mobilité sur le plateau est assurée par trois dés qui correspondent à la couleur de chacun : dé rouge pour le cochon en habit rouge, dé vert pour le cochon en habit vert, etc. Les cochons ont l’avantage de pouvoir se déplacer dans les deux sens du parcours en cercle, ce qui n’est pas permis au loup.

Comme dans tout jeu coopératif, l’ennemi – le loup – progresse de manière automatique. Chaque fois qu’un joueur obtient « loup » au dé (il y a une face « loup » sur chaque dé cochon), il déplace le loup sur le parcours circulaire dans le sens des aiguilles d’une montre. Celui-ci se déplace par bonds de trois cases en trois cases, atterrissant chaque fois sur la case suivante qui porte son symbole. Cela veut dire qu’il progresse très vite si les joueurs ont de la malchance au dé. Lorsqu’il passe au-dessus d’un cochon, il l’attrape et le place dans une grosse casserole qui se révèle être la pièce maîtresse du jeu. En effet, si les 3 cochons s’y retrouvent, les enfants perdent tous ensemble la partie.

Pour échapper au loup, les cochons disposent du droit d’entrer dans les maisons déjà construites : celle en paille ou celle en bois. Ils disposent également du droit de délivrer un cochon mis dans la casserole en parvenant exactement sur une des deux cases marmite qui permettent cette libération.

Ainsi courent les cochons, ainsi se régale le loup. A travers toute cette activité, les joueurs cherchent naturellement à s’arrêter sur la case du chantier où se bâtit en 4 parties une maison en pierre. Dès que celle-ci est terminée, les cochons peuvent s’y réfugier et, si tous y parviennent, ils gagnent la partie.

Le jeu est très bien tendu dans son suspens et nous rappelle l’excellent Viva Topo de Selecta avec, comme grande différence, que, dans Woolfy, le sauvetage est communautaire.
Nous sommes bien dans un jeu de coopération : soit nous perdons tous ensemble et c’est un élément extérieur – le loup – qui gagne ; soit nous gagnons tous ensemble.

La dynamique de tout jeu coopératif – dès que sa règle est un tant soit peu développée – crée une ambiance de dialogue et de discernement : quel cochon déplacer ? Lequel mettre à l’abri ? Quel risque à prendre ? En réalité, même si Woolfy est un jeu de dés, personne ne pourrait le gagner en ne se basant que sur la chance. Ensemble, nous coordonnons le mieux possible la valse des cochons, leur libération quand ils volent à la casserole et la construction de la maison de pierre.

Nous ajouterions volontiers une règle supplémentaire car le jeu n’est pas facile à gagner. Il n’est, en effet, permis de déplacer deux fois de suite le même cochon que dans deux situations très précises :

  1. si les 2 autres cochons sont dans la marmite
  2. si 2 cochons sont déjà à l’abri dans la maison de pierre

 

Or il serait utile d’ajouter la situation suivante pour augmenter les chances de victoire :

  1. si 1 cochon se trouve dans la marmite et l’autre dans la maison de pierre

 

Voici également une variante pour rendre le jeu légèrement plus facile :

il serait intéressant de ne jouer qu’avec un dé qui serait valable pour tous les cochons. On commencerait par lancer le dé puis, en fonction de son résultat, on l’attribuerait à celui des 2 cochons qui a le droit de se déplacer et qui en ferait le meilleur usage.

Woolfy est un jeu coopératif intéressant à découvrir. Il complète bien, dans un genre différent, la gamme qui correspond aux 4 – 6 ans. Bourré d’humour, craquant par son matériel, il convient selon nous, davantage aux enfants âgés de plus de 5 ans auxquels on associera naturellement des jeunes s’ils font partie de la fratrie. Il est prévu pour 2 à 4 joueurs… mais un 5ème ou 6ème joueur ne gêne en rien. Une partie dure environ 20 minutes.

Gudrun König