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PUEBLO et RUMIS

 

Des petits cubes qu'on empile… et ça donne deux jeux de société remarquables !

PUEBLO


Pueblo (Edition Ravensburger) nous fait construire un village Zuni, au Nouveau Mexique. Les villages de cette tribu sont caractéristiques : maisons et terrasses s'entremêlent sur plusieurs niveaux. On dirait des petits cubes d'argile empilés les uns sur les autres.

Notre village aura cependant une caractéristique supplémentaire : les maisons des joueurs doivent se fondre le plus possible dans la masse des cubes neutres car tout mur visible de l'extérieur rapporte des points négatifs à son propriétaire.

En début de partie, chaque joueur dispose à la fois de 8 pierres dans sa couleur et de 8 pierres neutres. Toutes semblables, ces pierres ont une forme spéciale (une sorte de L en 3D) et, assemblées par deux, forment un cube parfait.

Dans la construction de ce village commun, chacun cherche donc à dissimuler les pierres de sa couleur derrière les pierres des autres joueurs ou derrière les pierres neutres. Mais l'espace est exigu et la forme des pierres ne permet pas toutes les acrobaties qu'on imagine. Chacun fait donc son possible et se retrouve devant une gestion de l'espace réellement intéressante.

Le suspens vient de la seconde étape de chaque tour de jeu. Chaque fois qu'un joueur a posé sa pierre, il déplace le chef du village sur le chemin qui fait le tour du pueblo. Or, si de la case où s'arrête le chef, sont visibles des pierres de couleur, chacune de ces pierres est créditée de points négatifs et d'autant plus qu'elle est en hauteur. Le déplacement du chef étant d'une case au minimum et de 4 cases au maximum, chacun s'arrange évidemment pour le placer dans un angle de vue qui sanctionne les autres joueurs.

Pueblo est un jeu extrêmement bien fait. Les pierres roulent pour notre plus grand plaisir entre les doigts et nous convient au cœur d'une situation ludique très inhabituelle. Il ouvre en cela un registre neuf dans les jeux de société et c'est sans doute pour cette raison qu'il reçut le prix du Meilleur jeu de l'année en Autriche. Des variantes intelligentes sont prévues, notamment celle des Terres Sacrées sur lesquelles personne ne peut construire et qui compliquent sacrément les parties. A partir de 8 ans. 2 à 4 joueurs. Durée : 30 à 45 minutes.

une cité vue du ciel

Rumis prête évidemment à confusion si on le compare à Pueblo. Ici aussi nos doigts sont à la fête avec tous ces petits cubes qui nous font construire une cité, cette fois, inca.

Les différences sont pourtant de taille entre les deux jeux. Dans Rumis, chacun dispose d'une dizaine de pierres de formes diverses et le but du jeu nous entraîne dans une construction qui nous invite à nous déployer sur la partie supérieure de la cité. En effet, en fin de jeu, ce sont les pierres vues du ciel qui rapportent des points aux joueurs.

On peut croire erronément qu'il s'agit donc de couvrir les pierres adverses en posant simplement les siennes par dessus. C'est évidemment sans compter les règles de construction qui nous contraignent à ceci : toute nouvelle pierre qu'on place doit avoir un contact complet avec au moins une face de cube de la même couleur.

Comme dans Pueblo, ce sont donc davantage nos doigts et notre regard qui s'ingénient à trouver les encastrements et les positions les meilleures pour bâtir la cité. Une tâche d'autant plus passionnante si on joue sur les 2 plateaux numérotés : dans ce cas, il faut en plus respecter des consignes de hauteur et ne pas dépasser au premier rang un étage, au second rang deux étages, etc.

Edité par une petite firme suisse (1), Rumis risque de ne pas trouver grâce à vos yeux à cause de sa boîte tristounette. C'est pourtant un jeu si remarquable que le jury allemand l'a placé cette année sur sa liste des 12 meilleurs jeux. Les magasins vous permettront vraisemblablement de l'essayer car il n'y a pas de cellophane autour des boîtes : ce sera un bon début pour vous laisser séduire. 2 à 4 joueurs. A partir de 8 ans. Durée 20 à 40 minutes.