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Médina

 

MEDINA est un régal, même s'il faut en passer le cap de la première partie comme dans tous les jeux d'adultes que nous vous recommandons. Sous vos yeux va naître une vieille ville arabe, avec ses murailles et ses ruelles, ses palais et ses places. Toute en bois dans le jeu, animée par ses habitants et les pèlerins qu'elle attire, riche en points pour ceux qui savent construire et s'étendre aux bon endroits !

Nous sommes au pied de l'Atlas. Les bâtisseurs que nous sommes, sont déjà au travail. A chaque tour, nous pouvons poser deux pièces : morceaux de palais ou murs, étables ou pèlerins…

C'est très simple, tout en étant très déroutant car chacun participe à des constructions collectives. Une tour orange s'ajoute au palais orange, un muraille blanche à l'un des quatre murs de la ville, etc…

Ainsi toutes les constructions de la ville grandissent : les palais deviennent de plus en plus gros, les murailles s'allongent… Soudain un joueur dont c'est le tour, déclare : ce palais m'appartient ! Pour le signifier, il pose un toit de sa couleur dessus. Ce n'est pas une décision si facile à prendre car chacun se dit : ce palais serait encore mieux s'il était plus gros ou plus proche de tel endroit…

Pourtant, dans ce jeu, personne ne râle car, en fin de compte, chacun possédera un palais dans chacune des quatre couleurs. Un palais vaut la valeur de sa surface au sol à laquelle on ajoute des avantages indirects : bonus du palais le plus gros, liens avec la muraille, ajout d'étables… Bref, il y a de quoi s'occuper !

Attirez les pèlerins !

C'est un jeu dont on savoure la variété des situations. C'est un jeu durant lequel chacun tente d'imposer aux autres l'endroit des prochaines fondations. Mais c'est surtout un jeu qui introduit un élément inhabituel et extrêmement ludique : une file de pèlerins qu'on ne peut étirer que vers l'avant ou vers l'arrière ! Ainsi se forme un cortège qui serpente dans les ruelles. Chacun le convoite car il est une bénédiction qu'on calcule en points de victoire : chaque pèlerin qui passe sous vos murs ajoute de la valeur à vos palais.

Lors d'une première partie, les joueurs ne peuvent se douter des renversements de situation qui se produiront. Médina (1) permet de cultiver un art de la patience qui rapporte gros quand le jeu s'achève. Mais pour en récolter les fruits, il faut bien réfléchir aux pièces qu'on lâche, tour après tour, sur le plateau… car certaines sont attendues par vos adversaires qui savent, malgré votre paravent, que vous les possédez !

C'est un jeu qui me semble très juste car les chances sont égales mais chacun s'en sert autrement. Stefan Dora signe en cela un petit bijou qui se joue en 1 h 15, à trois ou quatre joueurs.

Le jeu déploie des couleurs et des pièces superbes. A chaque fin de partie, nous restons émerveillés devant cette petite ville aux ruelles étroites que nous venons de construire. Avec son cortège, loin de tout fanatisme, qui bénit Dieu et qui nous dit que prendre du temps ensemble pour jouer, c'est tellement bon !

D'autres villes à bâtir

Bien d'autres jeux ont été inventés autour du nom d'une ville. Nous vous présenterons prochainement l'excellent Carcassonne, mais aussi Cartagena et Doge. Chacun de ces jeux, quelle que soit sa simplicité apparente, s'adresse à de bons joueurs. Si vous cherchez un jeu de niveau plus familial, nous recommandons San Marco (Ed. Ravensburger), disponible dans la collection belge. Ce très beau jeu dont les quartiers de Venise sont reliés par de jolis ponts blancs, permet d'activer toute la panoplie d'événements que des enfants, dès 9 ans, aiment : des exils et des traîtres, des voyages et des pions qu'on accumule pour emporter des élections locales.