MAUNA

KEA

Mauna Kea nous transporte sur une île des mers du Sud où nous collectons des trésors laissés par d’anciennes cultures. Mais le gardien de l’île, sous forme d’un volcan, veille… et sa colère, tout au long de la partie, va s’exprimer par des coulées de lave qui gênent ou menacent les aventuriers que nous serons.

Suspens garanti ! Le grand plateau a été ouvert et chaque joueur dispose d’une équipe de quelques hommes qui partent du cratère. Lorsque les premiers grondements s’élèvent, ceux-ci prennent leurs jambes à leur cou, redescendent les flancs du volcan, ramassent ce qu’ils peuvent en chemin… et tentent de gagner les barques qui mouillent dans les criques autour de l’île. Un certain nombre seront cependant rattrapés par la lave.

Chaque joueur dispose en permanence de quelques tuiles qu’il peut utiliser de deux manières. La première est d’en poser sur le plateau afin de créer devant ses pions un paysage permettant des déplacements. Ainsi apparaissent des cases de jungle, de lac ou de montagne. Les montagnes sont des obstacles infranchissables et il sera de bonne guerre de s’en servir pour gêner la progression de ses adversaires. La seconde est d’utiliser la valeur écrite sur ces cartes pour se déplacer d’autant de cases. Dans ce cas, les cartes ne sont pas posées mais, après usage de leur valeur de déplacement, rejetées hors du plateau. Les déplacements d’une case à l’autre ont un coût fixe : un point pour parcourir une parcelle de jungle ; deux points pour traverser un lac.

Les joueurs dirigent de préférence leurs pions vers des cases où sont disponibles des trésors de différentes valeurs. Ils les ramassent en chemin et les emportent avec eux.

De nombreux trésors mais aussi de pions vont cependant être perdus durant la partie. En effet, chaque fois qu’un joueur a dépensé ses cartes, il doit se ravitailler en piochant des nouvelles tuiles dans un sac. Or les tuiles piochées n’affichent pas que de nouvelles possibilités de paysage. Un quart d’entre elles sont des coulées de lave qu’il faudra poser immédiatement sur le plateau. Chaque tuile lave fait partie d’une des quatre coulées qui jaillissent du cratère et se pose sur un endroit précis : soit sur la case de départ de la coulée, contre le cratère, soit dans la prolongation des tuiles déjà posées.

Les conséquences de l’éruption sont immédiates : des parcelles de l’île sont recouvertes et tout trésor ou aventurier qui s’y trouvait, détruit. Le jeu crée ainsi une fuite en avant qui donne un stress certain, d’autant plus grand que les coulées tournent de manière inattendue, se divisent, passent les unes sous les autres et menacent soudain des lieux qu’on croyait à l’abri.

D’une partie à l’autre, des zones différentes de l’île – parfois riches, parfois pauvres en trésor – sont isolées voire inaccessibles. Jusqu’au moment où l’éruption s’arrête net par manque de tuiles lave… ce qui laisse les joueurs étonnés de savoir que plus aucun danger ne menace les survivants. Le jeu n’en est pas moins fini car une course commence pour créer la condition de fin de partie : le décompte des points gagnés aura lieu dès qu’un joueur aura embarqué son dernier aventurier.

Le jeu reprend alors du souffle car chacun pose des obstacles à la progression des adversaires, tout en se frayant un chemin vers les quelques barques où il reste encore de la place.

Les règles de Manau Kea bien expliquées et peu compliquées. C’est un bon jeu familial, avec une fameuse dose de tension durant sa première demi-heure, ce qui ne convient pas toujours à des enfants de 8 ou 9 ans. Un détail : le sac pour entreposer les tuiles est trop petit ; plutôt que de l’utiliser, nous vous conseillons de former une série de tas de tuiles posées faces cachées. Le jeu a été produit par la firme HUCH en Allemagne. Sa boîte française est distribuée par Gigamic. Pour 2 à 4 joueurs, à partir de 10 ans. Prix conseillé : 35 euros.

Gudrun et Pascal Deru