lancaster LANCASTER

La grande carte de l’Angleterre est ouverte sur la table. Dans chacune des neuf provinces, un château offre deux avantages à celui qui placera un chevalier à cet endroit : d’une part, l’alliance d’un noble qui soutient son vote lors des sessions du parlement et, d’autre part, un avantage direct en puissance d’action : l’arrivée d’un nouveau chevalier, l’augmentation de puissance d’un chevalier en place, de l’or, des écuyers, des moyens pour agrandir son château, etc…

Dans le bas de la carte, les conflits entre l’Angleterre et la France sont évoqués par deux cartes. Si un joueur investit un chevalier dans ces conflits, outre une faveur du roi qu’il reçoit immédiatement, il gagnera plus ou moins de points de victoire selon que des chevaliers d’adversaires seront ou non présents.

Chaque joueur dispose d’un château. En début de partie, seuls un chevalier de rang 1 et un chevalier de rang 2 habitent ce château. Cela revient à dire que le joueur peut accomplir 2 actions (alors que 17 sont possibles) et seulement des actions qui ne dépassent pas le niveau de ses chevaliers. Il va sans dire que si le joueur disposait de 3 chevaliers, il pourrait accomplir 3 actions et que si ces chevaliers étaient plus puissants, il pourrait s’intéresser aux actions réservées aux chevaliers de rang 3 ou 4.

Le jeu se joue en 5 manches et les joueurs cherchent au fil de ces séquences à obtenir davantage de chevaliers et à les rendre plus forts. Mais la concurrence est rude et les places faciles à prendre sont convoitées. Le jeu permet de se chasser les uns les autres, en utilisant notamment des écuyers.

Ainsi durant chaque manche, les joueurs placent leurs chevaliers en divers endroits du plateau. Cette mise en place est très importante car si certaines configurations sont réalisées (3 chevaliers de rang 1 qui sont activés ; présence de chevaliers dans les deux conflits avec la France, etc.) et correspondent aux lois qui sont en vigueur, le joueur reçoit de grosses récompenses (souvent des points de victoire) qui améliore hautement son score.

Le problème – et c’est tout l’intérêt du jeu – vient de ce qu’à chaque manche, trois nouvelles lois sont proposées et supprimeront peut-être la validité des lois de la manche précédente. Autrement dit, un joueur a intérêt à défendre ou refuser une nouvelle loi selon qu’elle lui rapporte quelque chose ou le dessert parce qu’elle favorise un adversaire.

Le vote des lois se fait au parlement, sur un plateau à part. Face à chaque projet de loi, les joueurs doivent voter secrètement. S’ils ont de l’intérêt à faire passer une loi, ils peuvent ajouter secrètement dans leur main des voix de préférence qui viennent des nobles avec qui ils ont fait alliance. Ce mécanisme dans Lancaster est très original et essentiel pour tenter de gagner le jeu. Une nouvelle loi – même favorable – chasse parfois une autre qui est encore plus favorable…  Le résultat de tout ce que les joueurs ont construit durant la phase précédente (phase de placement et manches précédentes) se joue ici car les gains peuvent être énormes ou suffisant pour distancer un adversaire.

Gudrun König