KAMISHIBAI
Le kamishibai nous vient du Japon. Créé vraisemblablement au 12 ème siècle dans les temples bouddhistes, les moines s’en servaient pour instruire ceux qui fréquentaient le temple. Ils utilisaient des rouleaux de dessins (des « emaki ») qu’ils faisaient défiler dans le petit théâtre en bois qu’on appelle un « butai ».

Après des siècles sans passion pour cet art original, les kamishibai reviennent à la mode au 20ème siècle et un premier kamishibai pour enfants, intitulé La Chauve-souris d'or, innove un courant neuf dans les années 20. Les années 1950 sont considérées comme l'âge d'or du kamishibai : près de 50 000 conteurs se produisaient alors dans tout le Japon. Le kamishibai était alors parfois appelé gageki (??), « théâtre en images ». Puis c’est le boum de la télévision qui semble tellement plus attrayante (année 1962).

Heureusement que des artisans poursuivent sa production et que des illustrateurs talentueux y trouvent un débouché. Aujourd’hui, plus que jamais, les kamishibai nous content des histoires talentueuses qui valent bien, de manière parallèle, ce que nous donne la littérature enfantine.

Description
Le kamishibai ou « théâtre d'images » signifie littéralement : « jeu théâtral en papier ». C'est une technique de contage d'origine japonaise basée sur des images (planches cartonnées 37 x 27,5 cm, en papier à l'origine) défilant dans un petit théâtre en bois ou en carton, à trois ou deux portes appelé butai (??) (littéralement « scène »). Les planches cartonnées, illustrations du kamishibai, racontent une histoire, chaque image présentant un épisode du récit.
Le paquet de planches est glissé dans la fenêtre du butai. Elles ont été préalablement bien ordonnées pour que, lorsqu’on retire une image, ce soit bien la séquence suivante qui apparaisse.
L’utilisation du kamishibai est facile. De leur côté, les spectateurs voient une image tandis que le conteur lit sur le verso de l’image précédente le texte qu’il doit raconter. Collé à son texte se trouve une petite image en noir et blanc qui correspond à celle que voient les spectateurs. Chaque image racontée est tirée, laissant apparaître la suivante, et amenée derrière le tas : ainsi le conteur reçoit le texte suivante qu’il va lire. Le butai se pose sur une petite table, mais à l'origine il était à l'arrière d'un vélo.
Contrairement à la page tournée d'un livre, la planche suivante du kamishibai apparaît en s'intégrant dans la scène précédente. Certains kamishibai donnent des directives techniques : parfois le passage se fait très lentement, parfois plus vite, créant ainsi une surprise ; parfois encore, il est nécessaire de retirer l'image en deux ou trois étapes, en s'arrêtant aux traits de repère pour créer du suspense. Cette technique, particulière au kamishibai, donne du mouvement à l'illustration, comme dans un dessin animé, et multiplie les scènes imagées par deux ou trois.
Le kamishibai peut être utilisé facilement dans des lieux très divers : écoles, lieux culturels, maisons de repos... Il peut être un outil pour l’alphabétisation et si les spectateurs apprennent à l’employer, ils travaillent évidemment leur sens de la lecture, l’intonation de leur voix, la mise en scène… et, quand c’est possible, leurs propres créations.