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CASTELLO DEL DRAGO

LE CHATEAU DU DRAGON (Castello del drago) fait partie de ces jeux qui finissent en apothéose car la partie s’achève par une expérimentation physique qu’on a construit durant toute la partie et dont le résultat peut être inattendu. Peu de jeux s’inscrivent dans ce registre dont font partie Méandre (Méander) et le jeu du volcan. Dans ces trois jeux, les actions des joueurs construisent soit un réseau, soit un mécanisme dont on vérifie la pertinence lors de la toute dernière minute de la partie.

Dans le Château du dragon, les joueurs installent la muraille d’une ville dont les tours sont posées en cercle : de vraies tours en bois sur lesquels les guetteurs se déplaceront. Le pays est, en effet, infesté de dragons et, sans s’unir, il est impossible de les vaincre. En lançant 2 dés, les joueurs tentent de réunir sur une même tour des guetteurs de même couleur. Chaque fois qu’ils y parviennent, ces guetteurs sont réunis l’un à l’autre par un petit clip et installés sur le versant arrière d’un engin qui tient autant du canon que de la catapulte. Côté arrière, on y trouve un boulet et côté avant une rampe qui guidera le boulet vers son objectif. Or chaque fois qu’une nouvelle paire de guetteurs est posée sur la partie arrière de cette machine simple mais passionnante pour des enfants, le boulet est poussé vers le haut… tout comme si, par étapes, on tendait le ressort d’une arme qui se déclenche lorsque le dernier cran (la sixième paire de guetteurs) est franchi.

Basé sur un mécanisme coopératif, les joueurs ne gagnent du temps et ne peuvent vaincre que s’ils se conseillent les uns les autres pour trouver les mouvements les plus rentables  : quel guetteur mettre en jeu quand le dé de couleurs nous en donne le choix ? Et dans quel sens déplacer un guetteur pour rendre efficaces les points obtenus sur l’autre dé ?

Comme dans tous les jeux coopératifs, le danger est extérieur aux enfants. Cette fois, il est représenté par six dragons qu’une des faces du dé fait surgir. Chaque apparition de dragon fait monter le suspens : le dragon qui surgit se positionne, en effet, à quelques centimètres de la rampe du canon… comme pour narguer la forteresse des joueurs. Si les 6 dragons se sont ainsi positionnés avant que le mécanisme de la machine n’ait été déclenché, les joueurs perdent tous ensemble la partie, ce qui est évidemment moins dur que de perdre tout seul.

Les joueurs espèrent néanmoins réunir 6 paires de guetteurs afin que le boulet soit hissé par leurs forces conjointes au sommet de la machine, dévale la rampe et abattent les dragons rangés en file en les faisant tomber à travers un mécanisme de dominos qui se fauchent les uns les autres.

Le jeu, très concret et très visuel, entraîne l’enthousiasme. Il finit, comme je l’annonçais, en apothéose puisque sa minute finale est de découvrir si le boulet propulsé sur l’étrange machine, aura assez de force pour terrasser les dragons qui menacent le château.

Le seul bémol qu’on jettera sur une si belle idée est que l’éditeur fait construire ses jeux en Chine et peut donc nous épater par un matériel étonnant qui coûterait autrement plus cher si la fabrication était d’origine européenne avec des bois et des cartons gérés dans des projets à développement durable.

Le jeu a reçu le prix du meilleur jeu d’enfants en Allemagne en 2006. Quelques erreurs ou imprécisions sont présentes dans sa règle française… mais les conseils nécessaires pour passer outre vous seront donnés en magasin.