ostrakon

Un petit trésor, pour 6 à 12 jours !

  • Nous avions déjà les loups-garous dans un genre.
  • Voici, sans comparaison, Ostrakon dans un tout autre genre !

Nous voici au temps de Platon, siègeant parmi les philosophes de l'époque et cherchant à progresser sur notre itinéraire personnel vers le temple de la lumière !

Quand c'est notre tour, une carte nous impose un thème : la mort, le manque, la ville, les astres... Nous devons aussitôt imaginer une question qui divise notre auditoire en deux camps. La manière de répondre "oui" ou "non" se fait avec des cartes que les joueurs tournent d'un côté ou de l'autre. La technique fait ici référence à la manière de voter avec des tessons de bouteille dans la Grèce antique.

Sur la mort, la question peut être simple, élaborée, tordue ou introduite par un petit discours. Des exemples ::

  • Préférez-vous une mort par pendaison ou par décapitation ?
  • Dans un attentat terroriste, la mort d'un enfant est-elle plus injuste que celle d'un vieillard ?

Chaque joueur vote en fonction de ce qu'il pense réellement et positionne sa carte de manière correspondante tout en cachant son vote. Seul le joueur qui pose la question ne vote pas selon son avis mais vote comme il pense que la majorité votera.

On dévoile ensuite les résultats et le jeu continue de la manière suivante :

  • si le questionneur n'a pas voté comme la majorité, il ne gagne rien.
  • s'il a voté comme la majorité, il gagne autant de points qu'il y a de votes dans l'opposition.

C'est ici précisément que le jeu est brillant. Si vous posez une question qui crée un consensus, vous ne gagnerez aucun point. Il faut donc chercher à diviser tout en pressentant la réponse que ralliera une majorité des joueurs.

Les points gagnés servent à progresser sur un chemin qui mène vers le temple de la lumière. Ici aussi, la mécanique du jeu est brillante car les cartes des philosophes progressent selon un canevas précis et se chevauchent en créant des avantages et des retournements de situation.

Ostrakon est un jeu de cartes. En le découvrant, on panique un instant car la règle semble compliquée et la diversité des cartes très grande. Passez outre et déployez le matériel à votre aise : tout a été bien pensé même s'il serait opportun de remplacer la carte soleil par un pion jaune et celle de la lune par tout autre symbole pour marquer la succession des journées.Pour le reste, tout est utile : les bulletins de vote, les pions des philosophes, les cases du parcours, le temple de la lumière, les actions spéciales de corruption ou de voyance...

J'ai joué huit fois à Ostrakon et ce fut chaque fois un régal. Les groupes font preuve d'imagination, d'humour et de créativité. Très vite aussi vient l'envie de proposer ses propres thèmes : faites-le sans modération car c'est dans l'invitation aux sujets les plus saugrenus que se trouve aussi la promesse de parties extraordinaires.

  • Nous avions déjà les loups-garous dans un genre.
  • Voici, sans comparaison, Ostrakon dans un tout autre genre !